Mercredi 24 novembre 2010
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Nous revoilà, cher public, après de longs jours d'absence. On vous a manqué, on le sait. Comme la dernière fois, on va poster plusieurs articles en même temps et puis ce sera le long silence
oppressant de la traversée qui va vous garder le souffle coupé pendant 15 jours.
Après notre dernier article des Canaries on a repris la mer en direction du Cap Vert, 822 miles plus loin. Distance parcouru en 138 heures, ce qui nous donne une moyenne de presque 6 noeuds.
Notre record.
Depuis Santa Cruz de Tenerife, quittée à l'aube du 13, un bon vent portant nous a permis de tout faire au parasailor en ne mettant les moteurs qu'une heure ou deux par jour pour recharger nos
batteries et faire un peu d'eau douce. On a coupé notre onduleur 220V et depuis, on a moins de problème de charge.
D'abord poussé par des vents de force 5 les 13 et 14, Eole et Poséidon se sont concertés pour nous montrer ce dont ils sont capables les 2 jours suivants: des pointes de vent à 35 noeuds et une
mer bien agitée ont fait s'entrechoquer les genoux de nos deux moussaillons; ce qui a bien amusé les vieux loups de mer pour qui tout cela n'est, somme toute pas grand chose. Comme ce sont les
deux mousses en question qui écrivent cet article, nous tenons à préciser que ça bougeait quand même pas mal. Imaginez, sur une musique de Wagner, des vagues plus hautes que le bateau, balayant
le pont et ses occupants, se frayant un chemin jusqu'au carré et inondant tout sur leur passage. imaginez le bateau bondissant de toute part avec ses passagers, livides, cramponnés les uns aux
autres, attendant la fin du monde. Et le vent? Mugissant dans les voiles, précédant de peu les gueules béantes de monstres marins issus de profondeurs insondées cherchant à nous dévorer. Bon, ok,
on exagère. Mais quand même, ce bon vent nous a permis d'enregistrer une journées à 177 miles et des pointes à plus de 12 noeuds. Pas si mal? Tiens toi bien Franck Camas, on est sur tes talons...
Le 15 au soir, le GPS affiche 22°N30'. On a passé le tropique du cancer. Youpi. Il fait déjà plus chaud.
Les jours et les nuits se succèdent toujours paisiblement à bord du Love Love, chacun vaquant à ses occupations en dehors de ses heures de quart: sieste, lecture, écriture de journaux de bords...
On se retrouve pour les apéros (on va quand même pas se laisser dépérir non?) et autour de repas dignes d'un 3 étoiles, souvent composés du produit de notre pêche qu'on a eu bonne depuis les
Canaries. 3 nouvelles coryphènes sont venus finir leur existence au fond de nos estomacs: 31cm, 67cm et... 1m31!!! Dommage que l'on ai rien pour peser, celle ci devait bien faire ses 15 kilos.
Nous avons eu l'idée d'utiliser les restes de poissons montés sur une ligne sans hameçon pour voir si on pouvait attirer du "gros" et faire quelques belles photos. Et ça a marché! Nous avons pu
observer une belle daurade en chasse et, plus tard, un requin marteau d'un bon 4 mètres juste à l'arrière du bateau.
Et bien sûr, nous assistons toujours à de magnifiques levers et couchers de soleil; nous naviguons sous des ciels étoilés parsemés d'étoiles filantes à faire baver Hubert Reeves. Et cette pleine
lune qui nous laisse une longue traînée lumineuse dans le sillage du bateau.
De temps à autre, quelques poissons volants s'enfuient à l'approche du bateau en longs vols planés, parfois de plusieurs dizaines de mètres.
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